Dans cet article
- Le vide entre la kiné et le sport
- Que dit la recherche sur le Pilates et la peur du mouvement ?
- Ce que le Pilates ne fait pas
- Pourquoi le Reformer se prête-t-il à la reprise ?
- Comment se déroule une reprise au studio ?
- Les précautions, sans détour
- Par où commencer, aux Sables-d’Olonne
- Les sources de cet article

Écrit avec l’instructrice du studio
Gaëlle Goffard, instructrice de Pilates certifiée
Coach sportive diplômée depuis plus de quinze ans, formée à la méthode Pilates chez LeaderFit et à deux cents heures de yoga, elle donne tous les cours collectifs du planning d’Exhale Studio, aux Sables-d’Olonne. Le studio et la méthode
Le vide entre la kiné et le sport
La blessure a été soignée. Les séances de rééducation sont finies. Le professionnel a dit « vous pouvez reprendre progressivement ». Et c’est là que beaucoup s’arrêtent, parce que « progressivement » ne dit pas comment, et parce que le corps a gardé la mémoire de la douleur. On protège l’articulation sans y penser, on évite le geste, on remet la reprise à plus tard. Six mois passent.
Les chercheurs ont un mot pour cette protection qui dure trop : la kinésiophobie, la peur du mouvement. Elle n’est pas une faiblesse de caractère, c’est un réflexe utile qui a oublié de s’éteindre. Et c’est exactement ce qu’une pratique cadrée, lente et sans impact vient défaire, geste après geste. Le Pilates n’est pas la seule façon d’y arriver, mais il est construit pour cela.
Que dit la recherche sur le Pilates et la peur du mouvement ?
La littérature la plus solide porte sur la lombalgie chronique, pas sur les blessures sportives en général : nous le disons d’emblée pour ne pas étendre les résultats au-delà de ce qu’ils couvrent. Dans ce cadre, trois travaux comptent.
Un essai randomisé de douze semaines de Pilates chez des personnes souffrant de lombalgie chronique a mesuré une baisse de l’incapacité et de la kinésiophobie dès la sixième semaine, sans gain supplémentaire notable entre six et douze semaines, la douleur continuant, elle, de baisser légèrement (Cruz-Díaz et coll., Clinical Rehabilitation, 2018). Autrement dit : la confiance revient avant la force.
Une analyse de médiation publiée en 2023 va plus loin : dans un essai comparant le Pilates à un groupe témoin, la réduction de la peur du mouvement et du catastrophisme explique entre 21 et 55 % de l’amélioration de la douleur et de la fonction physique (Wood et coll., Journal of Physiotherapy, 2023). Ce que l’on gagne, on le gagne en partie parce qu’on cesse d’avoir peur.
Enfin, l’essai qui a comparé Pilates sur appareil et Pilates au sol chez 86 patients conclut qu’à six mois, le travail sur appareil fait mieux sur l’incapacité et sur la kinésiophobie, mais pas sur l’intensité de la douleur (da Luz et coll., Physical Therapy, 2014). Nous détaillons ce point dans Reformer ou tapis. Une revue de 23 études sur le Pilates en rééducation, de qualité variable, retrouve un effet favorable sur la douleur et l’incapacité dans 19 d’entre elles (Byrnes et coll., 2018).
Ce que le Pilates ne fait pas
Il ne diagnostique pas. Une douleur qui persiste après une blessure a une cause, et cette cause se cherche chez un médecin ou un kinésithérapeute, pas sur un Reformer. Aucun instructeur ne doit vous dire ce que vous avez.
Il ne remplace pas la rééducation. La kinésithérapie est un soin prescrit, adapté à une lésion précise. Le Pilates est une pratique d’entretien et de renforcement général. L’ordre est fixe : le soignant d’abord, le studio ensuite ou en parallèle, avec son accord.
Il ne fixe pas la date du retour au sport. Cette décision appartient à votre soignant et, souvent, à votre entraîneur. Ce que le Pilates prépare, c’est le corps qui reprendra.
Il n’est pas prouvé supérieur à un autre exercice progressif. La revue Cochrane sur la lombalgie ne trouve aucune preuve concluante de supériorité du Pilates sur d’autres formes d’exercice. Son avantage est ailleurs : le cadre, la lenteur, et le réglage fin de la résistance.
Pourquoi le Reformer se prête-t-il à la reprise ?
Trois caractéristiques de la machine expliquent son usage en reprise, et aucune ne relève de la magie.
- La résistance se dose au ressort. Un exercice peut commencer avec un ressort très léger, presque une assistance, et se durcir de semaine en semaine sans changer de geste. C’est une progression mesurable, que l’on sent et que l’instructrice voit.
- L’absence d’impact. Allongé ou assis, le corps travaille sans choc au sol. Une cheville, un genou ou une hanche qui viennent de cicatriser se renforcent sans encaisser.
- Le mouvement guidé. Le chariot impose une trajectoire, les sangles alignent les membres. Le geste que l’on n’ose pas faire seul devient possible dans un cadre, et c’est précisément ainsi que la peur se défait : par l’expérience répétée d’un mouvement qui ne fait pas mal.

Comment se déroule une reprise au studio ?
Il n’existe pas de protocole universel, et nous nous méfions de ceux qui en promettent un. Il existe en revanche un déroulé raisonnable, celui que suivent la plupart des personnes qui reprennent chez nous.
- Avant la première séance. Vous nous dites ce qui a été blessé, ce que le soignant a dit, et ce que vous n’avez pas le droit de faire. C’est la base de tout ce qui suit.
- Une ou deux séances privées. Une heure en tête-à-tête, pour trouver les exercices qui conviennent, les réglages, les variantes, et pour retrouver la confiance dans un geste sans regard extérieur.
- Le passage au cours collectif. Huit personnes au maximum, une machine par personne : l’instructrice sait ce que vous avez et adapte votre machine avant le cours. Les autres ne voient rien, ils sont occupés à leur propre alignement.
- Le rythme. Une séance par semaine pendant deux à trois mois est le plus courant. La méta-analyse de référence sur le dos retient une à deux séances hebdomadaires pendant trois à neuf semaines pour un effet mesurable (Fernández-Rodríguez et coll., JOSPT, 2022).
- Le retour au sport. Il se décide ailleurs, avec votre soignant. Beaucoup gardent ensuite une séance de Pilates par semaine en complément : c’est ce que nous décrivons dans les bienfaits du Reformer.
Les précautions, sans détour
Ne commencez pas sans l’accord du professionnel qui vous a suivi, et apportez-nous ses consignes. Ne venez pas avec une douleur aiguë, un gonflement récent ou une articulation qui se bloque : ce sont des motifs de consultation, pas de séance. Pendant le cours, la règle est stricte : une sensation de travail, on continue ; une douleur vive, localisée sur la zone blessée, on arrête et on le dit immédiatement. L’exercice sera remplacé, pas forcé.
Enfin, un Reformer ne s’utilise pas seul, et encore moins en reprise : les ressorts sont puissants, un mauvais réglage blesse. C’est la raison d’être d’un cours encadré.
Par où commencer, aux Sables-d’Olonne
Après une blessure, nous conseillons de commencer par la séance privée Reformer à 75 €, prévue justement pour la rééducation et la reprise sportive : une heure pour vous, avec les bons réglages. Elle se réserve directement avec Gaëlle, par le formulaire de contact ou au 02 51 04 89 62.
Si la blessure est ancienne et que vous vous sentez prêt pour un groupe, la séance découverte à 25 € fait l’affaire, à condition de signaler votre situation au moment de réserver. Et si la blessure vous a laissé un dos fragile, nous avons consacré un article entier au mal de dos.
Les sources de cet article
- Cruz-Díaz D. et coll., « The effectiveness of 12 weeks of Pilates intervention on disability, pain and kinesiophobia in patients with chronic low back pain: a randomized controlled trial », Clinical Rehabilitation, 2018;32(9):1249-1257. PubMed 29651872
- Wood L. et coll., « Pain catastrophising and kinesiophobia mediate pain and physical function improvements with Pilates exercise in chronic low back pain », Journal of Physiotherapy, 2023;69(3):168-174. PubMed 37277290
- da Luz M.A. et coll., « Effectiveness of mat Pilates or equipment-based Pilates exercises in patients with chronic nonspecific low back pain », Physical Therapy, 2014;94(5):623-631. PubMed 24435105
- Byrnes K., Wu P.J., Whillier S., « Is Pilates an effective rehabilitation tool? A systematic review », Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2018;22(1):192-202. PubMed 29332746
- Fernández-Rodríguez R. et coll., « Best Exercise Options for Reducing Pain and Disability in Adults With Chronic Low Back Pain », Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 2022;52(8):505-521. PubMed 35722759
- Yamato T.P. et coll., « Pilates pour la lombalgie », Cochrane, 2015, CD010265. Résumé en français
Cet article a une visée d’information générale. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de douleur, de blessure ou de grossesse, demandez conseil à votre professionnel de santé et prévenez le studio avant de réserver.
Article préparé avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des questions posées au studio, puis relu, vérifié et publié sous la responsabilité éditoriale d’Exhale Studio. Une erreur ? Écrivez-nous.


